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Play again

Po Sim Sambath

  • RÉSIDENCE DE CRÉATION

01/02 - 19/06/2017

GIVORS

Play again © Po Sim Sambath

Résidence de création de 9 semaines, entre février et juin 2017.

Exposition à La Mostra de Givors, place du Suel, 69700 Givors, du 16.09 au 16.12.2017.

Soutenue par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, la ville de Givors et de l'Université Paris 8.

Dans la démarche de Po Sim Sambath il y a d’abord un territoire qui deviendra « décor ». Mais le lieu ne l’intéresse pas s’il est vide et c’est avec patience et détermination qu’elle va à la rencontre de ceux qui l’investissent. La conjonction des deux – le lieu et le groupe d’individus – devient le point de départ de son travail.

« En me penchant sur ces lieux, je me concentre sur des questions de frontières, de limites et d’entredeux. Je cherche à produire de l’ambiguïté, à rendre compte d’une certaine incertitude des choses, incertitude qui se vit plus fortement dans les marges. » Po Sim Sambath

Au cours de ses séjours réguliers à Givors, à force de sillonner la ville, de rencontrer des habitants qui lui en montrent les recoins, Po Sim Sambath pénètre dans l’usine Fives-Lille. L’ancienne bâtisse ouvrière est charismatique, extrêmement photogénique. Alors comment l’aborder ? Comment éviter les écueils et redondances liés à la photographie de friches industrielles ? Po Sim Sambath trouve sa voie : en parcourant le lieu, elle tombe sur d’étranges installations de panneaux en bois. Des milliers de billes jonchent le sol.

Elle mène l’enquête et rencontre les nouveaux occupants : un club de airsoft (jeu de tir à billes) qui investit l’endroit le temps de parties sportives. Il y a également les employés des environs qui viennent parfois faire des parties de badminton. L’endroit a trouvé un nouvel usage.

La transformation d’un lieu dédié au travail en espace de loisirs n’est pas un fait nouveau ni exceptionnel. Partout d’anciennes usines sont réhabilitées, souvent pour des lieux de culture et de divertissement. Qu’est-ce que cela raconte sur notre société ? Sans prendre position, Po Sim Sambath s’appuie sur ce constat pour installer son projet.

Po Sim Sambath ne se cache pas. Elle est vue et acceptée par ceux qu’elle photographie. Sa manière d’aborder les gens est directe et sincère. Courtes explications et directives, la voilà qui commence à mitrailler. Cadreuse et journaliste pour L’Atelier A de la chaîne Arte, l’artiste cultive une approche plastique mais également documentaire. Son regard est neutre. Elle observe, donne à observer puis à chacun de se positionner.

Ici, Po Sim Sambath s’est prêtée au jeu en revêtant les habits militaires, les lunettes de protection, les gants et les accessoires. Son gilet jaune ne l’empêchera pas de goûter une fois à la sensation cuisante du tir de bille. Frêle mais solide silhouette, elle s’immerge au sein des actions, rendant perceptibles l’adrénaline et la concentration. La course des joueurs de airsoft devient pour elle une prise de vue numérique en rafale, elle se cache comme eux dans le labyrinthe des embuscades, comme eux elle vise, comme eux elle tire.

« Ma pratique prend corps dans un terreau social, au sein de territoires définis. Jusqu’à présent, ce que j’ai cherché à faire dans mon travail, c’est de redonner une place – esthétique, poétique, à des groupes de personnes qui sont enfermés dans une représentation. Je cherche à travers mes photographies à offrir une image différente des personnes dans les territoires que je parcours, une image attentive aux gestes, aux expressions du corps, et venant questionner à la fois nos rapports à la représentation et à l’architecture. » Po Sim Sambath

Le résultat de la résidence a été exposé à la Mostra de Givors, en septembre 2017.