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Les berges, le parking de la gare et le château

Le collectif Item à Givors

  • CRÉATION ARTISTES / PUBLICS

15/07 - 15/10/2020

Givors

1440
© Adrienne Surprenant, Givors, juillet 2020

Photographies réalisées par Hugo Ribes, Philippe Somnolet, Adrienne Surprenant, photographes du collectif Item

Intention artistique pensée par Stimultania et le collectif Item

Temps de création mené sur 3 jours consécutifs en juillet 2020.

Restitution à venir

Intervention portée par Stimultania.

Soutenue par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre du FIACRE, la ville de Givors.

Intervention inscrite au sein du programme Ici c'est Givors porté par Stimultania sur la ville de Givors en 2020, soutenu par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, le CGET, la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Stimultania porte chaque année un programme intitulé Ici c’est Givors, adressé à l’ensemble de la population et plus spécifiquement aux jeunes givordins. Composé de plusieurs actions culturelles (ateliers de médiation, événements, débats) le programme propose également un temps de création avec des artistes photographes pour favoriser l’émergence d’œuvres collectives. Ici c’est Givors est un regard doux et cru à la fois, sérieux et décalé, sur ce que ce territoire comporte de pittoresque, de drôle, de sinistre parfois – de profondément humain.

En 2020, Stimultania entame une collaboration avec le collectif Item et trois de ses photographes. Leur mission : investir chacun un lieu emblématique de la ville, les berges du Rhône, la zone de l’ancienne verrerie, le château Saint-Gérald.

En plein année d’élections municipales, quoi de plus idéal pour observer ce que cristallisent ces trois lieux et les ambitions (parfois démesurées) qu’ils suscitent. Les artistes devaient être accompagnés par de jeunes givordins pour produire les images, mais voilà, 2020 est loin de n’être qu’une année d’élections municipales… Au moment de l’intervention, en juillet donc, les restrictions sont encore fortes et la situation complexe : aucune structure sociale n’arrive à s’engager dans le projet et mobiliser un groupe.

Stimultania décide de maintenir l’intervention et laisser les photographes aborder les lieux de manière personnelle, en leur donnant toute liberté et confiance. Le lien avec les habitants s’opère très vite, chacun partant à la rencontre des usagers du lieu, rapportant des histoires personnelles et sensibles. Une belle énergie collective s’installe, et même la pluie ne viendra pas interrompre le travail de terrain.

Octobre 2020, la production prend place sur les vitrines de Stimultania, installant les photographies à la vue de tous. Une rencontre et discussions avec un groupe d’habitants – invité à suivre les photographes dans la suite du projet – vient alimenter le processus, débouchant sur le choix des trois nouvelles zones à investir en 2021.


Bords du Rhône / confluent Gier et Rhône
Philippe Somnolet

Promenade, tourisme, loisir et bien-être, nature.

Philippe Somnolet, photographe et sociologue traitant, entre autres, des rapports entre l’homme et l’animal, s’est posé sur les bords du Rhône, zone de promenade à moitié aménagée que chaque givordin rêverait en port de plaisance ou en plage. D’abord, il observe et constate : les infrastructures urbaines semblent diriger les corps, « dompter » la nature, créer des barrières, éloigner du naturel. Pas loin c’est l’autoroute et son bourdonnement constant. Tout autour, beaucoup de béton et une eau de fleuve qui a connu de meilleurs jours niveau propreté. Mais dans cet environnement a priori peu propice au bien-être, il rencontre une population assez foisonnante : les anciens fidèles au même banc et à la même heure, les jeunes en mode rodéo urbain (la place est idéale), le baigneur du Rhône infaillible, les pêcheurs expérimentés qui transmettent aux nouveaux, les rencontres entre amis, les pauses dans la voiture, et cet homme afghan, en transition, qui s’ennuie au bord de l’eau. Il y a les solitaires, les promeneurs de chiens, les parents avec enfants, il y a les cygnes, les canards, les pigeons – la vie au bord des berges est discrète, sans fioriture, mais elle est bien présente.

C’est le bout de la ville et le début d’autre chose, c’est peut être dans cet entre deux que réside l’idée de promesse. On semble y conduire son temps libre, ses amitiés, ses amours, ses proches, ses bêtes et ses solitudes comme si c’était leur lieu d’origine, on les y ramène. La nature, pour ainsi dire, s’oppose à la ville parce qu’elle s’ordonne elle-même, sans nous ou malgré nous. C’est peut être pour cela que l’on s’y retrouve, elle nous laisse avec nous-même, ne s’adressant qu’à elle-même. Givors est accoudé au Rhône par le Gier. Ces berges dessinent les lignes frontières avec cette nature et forme le terrain de cette relation entretenue.” Philippe Somnolet


Zone derrière la gare / ancienne verrerie
Hugo Ribes

Passé industriel de la ville, mutation, zone commerciale, voiture.

Hugo Ribes, photographe documentaire engagé, investit la zone où se trouvait l’ancienne verrerie, derrière la gare, transformée aujourd’hui en parc automobile et en parking. Il part interroger le passé industriel de la ville mais aussi la place donnée à la voiture dans cet endroit qui semble, désormais, lui être dédié. Il arpente l’endroit, se positionne, photographie les espaces. Tout près, se dresse la cheminée, unique vestige restant de la verrerie. Autour des sentiers et beaucoup de chantiers en cours. Quel est cet endroit ? Une zone assez floue, entre parc automobile, parking, lieu de promenade et lieu de mémoire qui concentre depuis des années bien des ambitions. Très vite, Hugo Ribes aborde ceux qu’il croise sur sa route. Car s’il y a certes beaucoup de voitures, il y a aussi de l’humain. Ses portraits au flash redonnent un statut à ces êtres qui traversent la zone pour des raisons différentes et dégagent à la fois un certain aplomb et de la légèreté. Sont-ils bien réels ces passants à la présence improbable et à l’allure d’acteurs de cinéma ?


Château Saint-Gérald
Adrienne Suprenant

Patrimoine, histoire, identité, mémoire, rénovation.

Adrienne Surprenant, photojournaliste canadienne, est partie à l’assaut des ruines du château Saint-Gérald, en haut de la colline au cœur du centre ville. L’endroit est agréable mais il est désert. Il y a les pierres, la végétation, les oiseaux, le calme. Il y a la vue sur Givors et sur toute la vallée, les chemins de promenade qui mènent tout droit dans la forêt. Adrienne s’approche, touche de son appareil la matière rugueuse ou lisse, de la roche, de la mousse, des feuilles. Elle reste assise, contemple, attend. Mais le décor a ses limites, il lui faut un contact humain. Armée de son bloc-note sur lequel elle a collé des fragments du château, elle redescend sur la place de l’Hôtel de ville pour demander aux passants de réinventer cet édifice qui les surplombe et que peu connaissent vraiment. Les témoignages sont édifiants, souvent déconnectés du sujet qu’Adrienne amène. Il est sans doute plus évident de parler du manque de travail que de la réhabilitation d’une ruine. L’ensemble d’images qu’elle produit mêle ainsi photographies, collages, textes manuscrits et dessins. Il donne corps à ce lieu d’une manière très particulière – une image intemporelle, à la fois douce et poétique mais aussi drôle et quelque peu désenchantée.



Après plus de 15 ans d’existence, le collectif Item, basé à Lyon, rassemble aujourd’hui 12 photographes, un graphiste, une réalisatrice et un ethnologue autour d’une production documentaire exigeante. Le collectif, mêlant principe d’indépendance et de solidarité permet à ses membres d’affirmer une démarche d’auteur dans une volonté commune de raconter le monde, pour ne pas rester les yeux fermés. Au travers de leurs images et canaux de diffusion novateurs, les membres du collectif souhaitent sensibiliser les différents publics aux enjeux de l’image d’aujourd’hui.