Ici c’est Givors 2022

Zones 2022 : la suite des bords du Gier, dans le quartier de Bans, autour de la place du bassin

Troisième et dernier volet du projet “Ici c’est Givors”, débuté en 2020. Rappel du principe : trois photographes du collectif Item passent une semaine à Givors pour sillonner trois zones de la ville choisies par Stimultania. Des jeunes givordins, inscrits de manière volontaire, accompagnent les photographes, produisant avec eux la matière photographique résultant de leur observation des espaces et de leur rencontre avec les usagers.

Avril 2022, il fait beau, c’est les vacances. Hugo Ribes, Philippe Somnolet et Étienne Maury sont prêts à investir les nouvelles zones identifiées. Cinq jeunes vont les accompagner, chacun réparti avec un photographe qu’il va suivre du début à la fin. La production photographique et les histoires se densifient au fil des jours. Il y aura un canoë caché au bord de l’eau, vestige ou rêve d’une rivière encore accessible à l’humain, des poules qui se promènent sur le goudron, des deux roues, moto, vélo, qui ne font que passer, toujours une bonne proportion de chiens suivis par leurs maîtres, des laveurs de piscines, des travailleurs contemplant les flots, des vieilles pierres qui résistent à l’invasion de la tôle des supermarchés, des habitants devant leur perron. La récolte est foisonnante et belle, de ces photographies produites par des amateurs guidés et des photographes inspirés.


Bords du Gier, la suite
Philippe Somnolet avec Zoé Tchouta, Bethanie Tchouta et Dyklan Alfonso

Depuis le début du projet global, Philippe Somnolet suit les cours d’eau de la ville. Les bords du Rhône, d’abord, en 2020, puis les bords du Gier en remontant depuis sa confluence avec le fleuve jusqu’à la périphérie de Givors. Cette fois, il est accompagné de Zoé et Bethanie Tchouta, 17 et 12 ans, puis de Dyklan Afonso, 13 ans, qu’il rencontre lors de ses pérégrinations. Dyklan vit là, au bord du Gier, dans cette partie où l’eau circule entre deux mondes. L’un est fait de béton, de tôle, de caddies et d’usagers qui marchent vers les grands magasins de la zone commerciale. L’autre est plus naturel, presque rural, on s’y promène, on y rencontre des jardiniers faux à la main. Une passerelle permet de passer d’un monde à l’autre, et, au milieu, coule la rivière.

© Philippe Somnolet
© Philippe Somnolet
Bethanie Tchouta
© Zoé Tchouta
© Philippe Somnolet
© Zoé Tchouta
© Dyklan Afonso
© Dyklan Afonso

Autour de la place du bassin
Hugo Ribes / Darius Parage

Les zones proposées à Hugo Ribes sont des endroits névralgiques, multiples, indéfinis. On y trouve gares, supermarchés, lieux de culte, immeubles, maisons, équipements municipaux, entreprises. La voiture y tient une place omniprésente. En général, on y fait que passer. Pour rendre compte de cet état, Hugo Ribes a choisi justement de se mettre dans le passage. Équipé de son flash, il fige les personnes dans leur trajet. Là, ils deviennent les personnages, dignes, fiers, d’un film à inventer. Après les alentours de la gare Givors Ville, puis ceux de la gare Givors Canal, Hugo Ribes sillonne cette fois ceux de la place du bassin. Il y a la sortie d’autoroute, l’usine Total et son grand parking de camions, il y a le laboratoire d’analyse, le café du port tenus par des Portugais, la piscine, les immeubles, le collège… Pendant qu’Hugo Ribes capture les passants, Darius Parage, 17 ans, enregistre quant à lui les espaces avec une précision extrême. Il révèle ce que cette zone possède de foisonnant, de confus, de complexe et, disons le, de peu reluisant. Les panneaux de signalisation côtoient la végétation qui côtoient les barrières qui dirigent les voitures qui traversent les bâtiments gris qui exposent les enseignes. Au milieu de tout cela, des humains miniatures.

© Hugo Ribes
© Darius Parage
© Hugo Ribes
© Hugo Ribes
© Darius Parage
© Darius Parage
© Hugo Ribes
© Hugo Ribes
© Darius Parage

Dans le quartier de Bans
Étienne Maury / Gwenaëlle Pigeyre

C’est le photographe Étienne Maury qui prend la suite d’Adrienne Surprenant, continuant la ligne directrice définie en 2020 : sonder ce qui se trouve sur les « collines » de la ville, s’attarder sur le patrimoine, qu’il soit ancien (château Saint Gérald) ou non (quartier des Vernes), rendre compte des usages de ces zones en mutation. Le quartier de Bans n’est pas perché mais à flan de la colline. Il est un quartier excentré, peu connu, on y habite ou on y passe pour aller vers Vienne, Condrieu. Le quartier s’étend tout en long, entre le fleuve Rhône et le début du massif du Pilat. Étienne Maury et Gwenaëlle Pigeyre, 26 ans, y voient un paysage en bandes : le fleuve, la zone des terrains vagues, le Lidl et son parking, la route D386, les anciennes maisons et la chapelle, les petites barres d’immeubles et le collège, puis le vert de la colline. Ils choisissent pour représenter cette succession de strates d’utiliser le format panoramique. Au gré des marches, ils enregistrent également les personnes rencontrées : habitants, voyageurs à deux roues, joueurs de pétanque.

© Gwenaëlle Pigeyre
© Gwenaëlle Pigeyre
© Étienne Maury
© Étienne Maury
© Gwenaëlle Pigeyre
© Étienne Maury
© Étienne Maury
© Gwenaëlle Pigeyre
© Gwenaëlle Pigeyre

Les images sont rassemblées au sein d’une séquence vidéographique, montée par Frédéric Henriques, motion designer, et projetée lors de la fête sur la place organisée par Stimultania à Givors en juillet 2022.

Le projet d’un ouvrage rassemblant les trois volets est en cours et devrait voir le jour en 2023.



Photographies réalisées par Darius Parage, Dyklan Afonso, Zoé et Bethanie Tchouta, Gwénaëlle Pigeyre, habitants de Givors et Hugo Ribes, Philippe Somnolet, Étienne Maury, photographes du collectif Item

Intention artistique pensée par Stimultania et le collectif Item

Temps de création mené sur 4 jours consécutifs en avril 2022.

Restitution : projection plein air lors de la fête sur la place publique le 21 juillet 2022

Intervention portée par Stimultania.

Soutenue par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre du FIACRE.


Le collectif Item est basé à Lyon : “Depuis une vingtaine d’années, en France comme à l’étranger, nombre de photographes font le choix de se regrouper afin d’imaginer ensemble leurs propres modalités de travail et de production. Ces structures collectives, montées sur le modèle des agences coopératives, cherchent par le biais de l’échange et du partage des moyens de production, à proposer des images « au long cours », loin de l’unique visuel choc à vocation illustrative. Ce mode d’organisation mêlant principes d’indépendance et de solidarité leur permet de préserver leur démarche d’auteur et de maîtriser la production de leurs images, de leur élaboration au choix des issues possibles.

Le collectif Item est une structure de production indépendante qui développe des compétences en matière d’écriture photo-journalistique. Un savoir faire qu’il décline dans le domaine de la presse, de l’entreprise et des institutions. Le collectif item est un espace de travail qui se donne le temps et les moyens nécessaires pour construire de véritables sujets, pensés comme des récits photographiques à part entière.

Sa production photographique fonctionne dans un dialogue permanent entre travaux individuels et projets collectifs, travaux personnels et travaux de commandes. Le collectif item est un espace de diffusion qui s’ouvre au public en organisant des expositions individuelles ou collectives, dans le cadre de son atelier, pour donner à voir la diversité des écritures qui composent le champ du photo journalisme.

Né en 2001, le collectif Item est composé aujourd’hui de neuf photographes, Romain Étienne, Bertrand Gaudillère, Nicolas Leblanc, Cyril Marcilhacy, Étienne Maury, Paloma Laudet, Hugo Ribes, Jeremy Suyker, du photographe anthropologue Philippe Somnolet, et du graphiste scénographe Yannick Bailly.

La structure ne serait rien sans l’implication de Laureen Quincy, coordinatrice et administratrice.”