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Les Blanches Terres

Amélie Cabocel

  • Exposition

17.01 - 22.03.2020

  • Strasbourg

1395
Les Blanches Terres © Amélie Cabocel

ENTRÉE LIBRE
MERCREDI – DIMANCHE
14H – 18H30

Communiqué de presse

Les Blanches Terres est un lieu-dit déserté d’une Lorraine autrefois agricole et industrielle. Quelques maisons perdues dans une campagne dont le charme échappe à celui qui ne fait que passer. Un territoire rural, isolé et en marge comme il en existe partout en France, avec un passé prospère et peu de promesses d’avenir.Michelle, 84 ans, y vit depuis toujours, comme « enracinée ». Veuve depuis vingt ans, elle combat l’isolement par des rapports quasi-quotidiens avec ses rares voisins, pour la plupart cousins, germains ou éloignés. 

Soucieuse de conserver et de transmettre la mémoire des Blanches Terres, Michelle a rempli tout au long de sa vie des dizaines d’albums de photographies. Mais pour l’heure, elle envisage, avec lucidité et résignation, la disparition prochaine de toute trace de ces « vies minuscules » en ces Blanches Terres.

Une réalisatrice, petite-fille de Michelle, s’invite aux Blanches Terres et propose à Michelle et « aux cousins » d’être au cœur de son nouveau travail photographique et de devenir, de surcroît, les acteurs de son prochain film. Ces derniers tombent des nues. « Qu’est-ce qu’on a donc de si intéressant pour que des gens aient envie de voir nos vieilles tronches et nos pauvres terres ? » questionne Michelle.

Michelle et ses proches se révèlent singulièrement dans cette exposition qui raconte la vieillesse et qui rend hommage à la communauté des Blanches Terres. Qu’est-ce que cela implique d’être photographié à plus de 80 ans, est-ce un moyen de laisser une trace, est-ce la synthèse d’une existence ? Comment se voit-on, comment accepter son image à ces âges avancés ?


RENCONTRE PUBLIQUE

De l’équipe aux personnages en passant par la production : construire ensemble une œuvre documentaire

Avec Amélie Cabocel et Milana Christitch, productrice du film

CD : […] Que faire avec un sujet banal ? Comment, avec cette nouvelle écriture Amélie, as-tu construit ce scénario, et comment ce sujet banal a été traité de façon originale, différemment ?
AC : […] Le documentaire, en tout cas le documentaire d’auteur, ce n’est pas traiter d’un sujet, c’est plus créer une œuvre singulière et apporter un regard singulier sur des situations ; […] la question des intentions est plus forte que la question du sujet lui-même. […] Je voulais garder une distance vis-à-vis de mes personnages, parce qu’en fait c’était pour moi réaliser un film sur leur vie aujourd’hui. Qu’est-ce que vieillir en milieu rural ? Quel est leur avenir ? C’était aussi une manière de prendre de la distance pour moi, en tant que membre de la famille, de me positionner vis-à-vis d’eux comme photographe, professionnelle, réalisatrice, et pas seulement comme petite-fille ou cousine.


 GG : […] parfois il y a des choses qui se déroulent qu’on n’avait même pas imaginées. Ce que disait aussi Truffaut, c’est une phrase que j’aime bien, il disait : « la vie a plus d’imagination que nous » et c’est vraiment le cas dans le documentaire. Souvent, on voit ça, et on se dit « on n’aurait pas pu l’écrire », « elle a le phrasé qu’il faut », « elle le dit juste ». Il y a eu quelques petits moments de cinéma comme ça avec Michelle.


AC : […] À chaque fois ce sont des extraits autour de l’image, au sens large. […] Dans le protocole, je leur posais des questions sur la façon dont ils voulaient être photographiés, quelle posture, etc. […] Chacun a interprété le terme d’image, en résonance avec sa propre existence et les questions qu’ils se posent aujourd’hui dans ces dernières années de leur vie.


L’exposition est soutenue par la DRAC Grand Est, la Région Grand Est et la Ville de Strasbourg.
Commissariat : Céline Duval

Les Blanches Terres, un documentaire d’Amélie Cabocel, 2019, 90 min. Une production Ana Films, Vià Vosges, RTGE, Mosaïk. Avec la participation du CNC, de la Région Grand Est, de l’Eurométropole de Strasbourg et de la Procirep-Angoa.