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Tous n’ont pas fait les mêmes voyages

Marine Lanier, la Bonne Adresse, 12 hommes incarcérés et 7 proches de détenus

  • CRÉATION ARTISTES / PUBLICS

15/07/2018 - 02/06/2019

Saint-Quentin-Fallavier

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© Marine Lanier, La bonne adresse, 12 hommes en détention

Photographies, textes, collages et dessins réalisés par : 12 hommes en détention (zzz, Drorcel, Fehri A., Mohamed G., Mike, Sam Sam, Zako, Sam, R. M., Mickaël R., Y. C., Hrd), 7 proches de détenus (Isa, Riad, Mickael, Suzy, Chantal, Mireille, Léa).

Intention artistique pensée et menée par : Marine Lanier, photographe et le collectif La Bonne Adresse (Alex Viougeas, Marlène Scharr), designers graphiques.

Texte "Tous n'ont pas fait les mêmes voyages" écrit par : Marine Lanier

Vidéo et montage réalisés par : Alex Viougeas.

Graphisme de l'ouvrage réalisé par : Marlène Scharr.

Temps de création mené sur 100 heures par artiste soit deux semaines en juillet 2018, une semaine en novembre 2018, une semaine en février 2019

Restitution les 15 et 16 mai 2019.

Au Centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier, juillet 2018 - mai 2019.

Avec : Camille Nivol, directrice, Célia Gil et Marilou Decrand, services civiques au pôle culturel du Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation du Centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier ; les bénévoles de l'association Totem et les médiatrices Sodexo en charge de l'accueil des familles.

 

Intervention portée par Stimultania et le SPIP du centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier

Soutenue par la DRAC et la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le SPIP du Centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier dans le cadre du programme Culture/Justice ; la Fondation de France dans le cadre de l'appel à projet Tissage d'initiative

Poursuivant son travail en milieu carcéral, Stimultania met en place en 2018 une intervention à la configuration inédite : les artistes invités vont créer une œuvre collective avec des hommes en détention mais également avec des proches de détenus. Une ouverture à ceux que la situation impacte autant et que l’on n’entend jamais ou très peu. Le projet est ambitieux, il se construit de juillet 2018 jusqu’au printemps 2019.

L’intervention a lieu au Centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier avec des hommes incarcérés en maison d’arrêt et centre de détention. Marine Lanier, photographe, et La Bonne Adresse (Alex Viougeas et Marlène Scharr) designers graphistes, ont travaillé ensemble une proposition multidisciplinaire, autour des notions de clan, de terre nouvelle, de langage et de code. Une proposition qui s’est enrichie et a évolué avec l’apport des participants.

Le projet, articulé autour des thématiques du clan et du sauvage, vient questionner notre besoin fondamental d’appartenance. Cet instinct primitif qui, depuis la nuit des temps, motive les êtres humains à se focaliser sur ce qu’ils ont en commun, les aspirations qu’ils partagent pour créer du lien et se construire une “famille” qui dépasse le sens littéral du terme. Nous avons donc invité les participants à imaginer ce que pourrait être notre clan et à en concevoir de manière ludique les caractéristiques.” Alex Viougeas, Marine Lanier

La première phase a débuté en juillet 2018, deux semaines avec douze hommes en détention. Ils ont fabriqué des masques totémiques, trouvé des postures, inventé une nouvelle écriture. La matière réalisée a fait l’objet d’une première édition, un poster, remis aux participants en octobre.

Cet objet a également permis d’introduire le projet au sein du bâtiment d’accueil des familles en amont et en aval des parloirs avant de passer au travail de création, en novembre 2018. Pendant quatre jours, les artistes ont investi la pièce d’accueil, installant un décor fait d’éléments naturels, de bois, de végétation luxuriante, pour inviter les personnes volontaires à fabriquer les images d’une terre nouvelle, celle du clan constitué avec les hommes détenus.

La dernière phase de réalisation s’est déroulée en février 2019, de nouveau en détention avec les hommes ayant participé à la première intervention de juillet. Dans la continuité de ce qui a été réalisé au sein du bâtiment d’accueil des familles, il s’agissait de rendre visible le territoire imaginé au clan imaginaire. En empruntant les codes et les ressources naturalistes et anthropologiques, le groupe élabore des « tableaux graphiques » créés à l’aide de collages, dessins, fragments, d’échantillons et de traces. Une matière résultant d’une recherche iconographique réalisée en amont par les artistes. Chacun a donné libre cours à son imagination et sa créativité. Ce temps d’échanges a également permis de sensibiliser les participants sur les enjeux et la cohérence du projet dans sa globalité afin de définir ensemble les formes que prendront les différentes restitutions du projet.

Deux temps de restitution sont venus clôturer ce projet de longue haleine, en mai 2019 : un premier en détention pour remettre aux participants l’ouvrage réalisé, puis à l’espace Georges Sand de Saint-Quentin-Fallavier pour une présentation du livre avec projection vidéo et débats, en présence des artistes et de certains hommes ayant participé.

Nous traçons les déserts, les longues marches dans le sable, la chaleur étouffante, la fièvre infinie qu’on emporte avec soi, les tempêtes jaunes qui habitent le corps. Au dehors, le soleil brûle nos paupières, nos cils, nos pupilles. Nous rêvons de marcher au cœur d’une forêt — pour sentir la mousse sous nos pieds — la pluie descendre sur nos habits. D’autres habitants sont entrés dans l’enceinte. Notre clan n’a pas de chef. Nous le sommes tour à tour. Sur nos épaules, peaux de bêtes, masque d’animaux, yeux de chouette.”  

Marine Lanier, extrait du texte Tous n’ont pas fait les mêmes voyages, texte écrit au fil du projet, à partir de témoignages et confidences reçus durant les temps partagés au sein du centre de détention.


Productions : 15 posters 31×42 cm recto-verso, 50 ex. distribués aux participants et partenaires ; le livre Tous n’ont pas fait les mêmes voyages, 63 pages, 23×28,6 cm, 200 exemplaires, imprimé en avril 2019 par l’imprimerie des Deux-Ponts. Graphisme La Bonne Adresse.


Marine Lanier : Née en 1981, vit et travaille entre Crest et Lyon. Diplômée de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d‘Arles en 2007. Elle développe sa démarche au sein de nombreuses résidences et expose notamment à la Biennale de la Photographie de Mulhouse, au Festival Croisements, au Chengdu Blueroof Art Museum (Chine), à la Samsøn Gallery (Boston), chez Théophile Paper’s (Bruxelles), durant La Biennale d‘Art Contemporain de Lyon dans le cadre de Résonance, à l’Atelier De visu, la Galerie Mad, la galerie La Traverse, au Frac PACA (Marseille), durant le festival Itinéraires des photographes voyageurs (Bordeaux), au CAC Château des Adhémar à Montélimar, à la galerie Michelle Chomette, au festival Jeune Création à la galerie Thaddaeus Ropac (Paris) à l‘Artothèque de Grenoble, durant le festival PhotoIreland (Dublin), à la Borough Road Gallery (Londres).

Alex Viougeas et Marlène Scharr, La Bonne Adresse : Après les Beaux-Arts de Valence, Marlène Scharr entre à l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg d’où elle sort diplômée en 2005. Depuis, elle travaille en indépendante essentiellement dans le domaine de la culture. Elle développe aussi bien des identités visuelles, des projets éditoriaux que des réalisations de communication évènementielle. À la suite de l’obtention du DNAT Design Graphique à l’École Régionale des Beaux Arts de Valence, Alex Viougeas développe son savoir faire dans le domaine de l’édition, tout d’abord dans la presse, puis aux Éditions Pyramyd. En 2005, il diversifie sa production en rejoignant Maquetteetmiseenpage, studio graphique pluridisciplinaire. Ensuite, il intègre, durant sept ans, la maison d’édition Gallimard Jeunesse pour laquelle il développe et réalise de nombreux ouvrages et collections destinés aux jeunes lecteurs. Début 2015, il quitte Gallimard Jeunesse pour fonder – La Bonne Adresse – avec Marlène Scharr.