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RENCONTRE PUBLIQUE

avec Marie Dorigny, Antoine Kimmerlin, Alain Keler, Stéphane Lagoutte, Olivier Monge

  • Rencontre publique

09.10.2021

  • Strasbourg

© Stimultania

DE 16H À 18H
GRATUIT

Passe sanitaire requis.

Exposition produite par l’Agence MYOP.

Soutenue par la DRAC Grand Est, la Région Grand Est et la Ville de Strasbourg.

Pour inaugurer l’exposition Back to Black, venez participer à une discussion autour de l’exposition Back to black et des questions suivantes : En quoi le noir et blanc offre-t-il un espace de liberté aux photographes ? À quels événements de vies la pratique du noir et blanc peut-elle être liée ? Est-elle une réaction à la domination de la couleur ? 

En présence d’Olivier Monge, photographe et commissaire de l’exposition, Stéphane Lagoutte, photographe et directeur de l’agence MYOP, Alain Keler et Marie Dorigny, photojournalistes, et Antoine Kimmerlin, directeur éditorial de l’agence.


Timor oriental, 2006 – Guatemala, 1982 – Chili, 1974 – Tchétchénie, 1995 – Paris, 2020 – Afghanistan, 1999 – Géorgie, 2017 – Roumanie, 1989 – Québec, 1994 – Groenland, 2020 – Italie, 2015… Back to black = 97 œuvres de 1974 à nos jours, 20 photographes-auteurs.

Back to black est une exposition collective réunissant les vingt membres de l’agence MYOP autour de la pratique du noir et blanc et donnant largement la parole aux photographes. L’exposition a été conçue et montrée pour la première fois à l’occasion de MYOP in Arles 2021, Galerie Henri Comte.

Avec Ed Alcock, Guillaume Binet, Julien Daniel, Agnès Dherbeys, Marie Dorigny, Julie Hascoët, Pierre Hybre, Olivier Jobard, Alain Keler, France Keyser, Oan Kim, Olivier Laban-Mattei, Stéphane Lagoutte, Jean Larive, Ulrich Lebeuf, Pascal Maitre, Olivier Monge, Julien Pebrel, Jeremy Saint-Peyre et Chloé Sharrock


Quartier général de l’armée russe, Grozny, vendredi 27 janvier 1995 © Alain Keler/MYOP
Installation artistique au bois de Vincennes, Paris, juillet 2020 © Stéphane Lagoutte/MYOP

Depuis sa généralisation dans la presse à partir de la fin des années 1980, la photographie en couleur est devenue une norme, renforcée par l’apparition du numérique. Pourtant, nous avons choisi de nous intéresser au « noir » avec une sélection d’images hétéroclites, rassemblées par le lien étroit qu’entretiennent les photographes de MYOP avec cette pratique devenue marginale mais restée essentielle.

Le noir et blanc, par l’indépendance et la liberté de traitement qu’il procure, par la richesse des techniques de tirage, représente un terrain d’expérimentation idéal, souvent très artisanal, souvent solitaire. Le laboratoire est un lieu d’introspection.

Le noir et blanc constitue aussi le creuset de nos références visuelles. Les plus cités sont Josef Koudelka, Walker Evans, Robert Franck, William Klein … Tous en noir et blanc. Dans une agence qui revendique la diversité des écritures, il s’agit d’une culture commune, d’un point de référence, de racines et d’une source d’inspiration contemporaine.

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Des textes qui accompagnent cette exposition se dégage un attachement viscéral à une pratique qui permet tour à tour d’offrir un refuge dans l’intime lors de bouleversements de vie, une réappropriation du médium lorsque la lassitude s’installe, un choix fort et ambitieux sur des sujets que les photographes jugent importants pour eux, une manière personnelle de voir différemment.

De la technique de tirage, il en est aussi question : des vintages, des tirages de presse, des contacts, des procédés anciens jusqu’au jet d’encre en Piezography, la technique permet d’aller au plus près du rendu souhaité par l’auteur.

Ainsi cette exposition ne montre pas les « meilleures » images réalisées par les photographes de MYOP mais celles qui révèlent le plus leurs personnalités, leurs parcours, leurs pratiques. Plus que l’analyse d’une technique, elle présente un portrait en creux d’une agence qui fête joyeusement ses 15 ans dans ses « différences collectives » totalement assumées, comme un manifeste : in fine, l’agence MYOP est constituée de photographes que l’engagement et le choix de vie rassemblent.
La pratique du noir et blanc s’avère être un lien qui permet de le raconter, même pour les plus coloristes d’entre nous.

Troupe de l’Alliance du Nord, Afghanistan, 1999 © Olivier Jobard/MYOP
Révolution en Roumanie, 1989 © Marie Dorigny/MYOP

« Ma vision du noir et blanc ? Une grande liberté de moyen et d’interprétation, et souvent un terrain parfait pour l’expérimentation. Le laboratoire est, de plus, un lieu de rencontre personnel avec le médium, d’intimité, d’introspection. Certains auteurs l’utilisent à des moments spécifiques de leur vie : une rupture, une lassitude, le besoin impérieux de produire un sujet très personnel… »

Olivier Monge


« Le noir et blanc, je l’ai gardé pour moi. Je me permettais quelques pas de côté pour réaliser des projets plus personnels. Je prenais congé de l’agence. Je n’avais ni contrainte, ni obligation commerciale. »

Olivier Jobard

« Il fallait travailler en couleur pour les journaux et magazines qui étaient les principaux clients de l’agence, mais j’ai toujours gardé sur le ventre un Leica chargé de film noir et blanc. […] Le noir et blanc survécut ainsi à de nombreuses crises existentielles et professionnelles. »

Alain Keler


« À l’époque, nous nous procurions les chimies et le papier hongrois Forte PW14 dans une boutique totalement anachronique de Chinatown, où la dame aux cheveux violets appliquait systématiquement une ristourne de 5 %. »

Agnès Dherbeys

Géorgie, 2017 © Julien Pebrel
Mort dans l’après-midi, quartier de l’arenal, en face de la Maestranza, les arènes de Séville, 2012-2015 © Oan Kim/MYOP
« Après nous le déluge », dernier jour du premier confinement, Paris, Mai 2020 © Ed Alcock/MYOP

L’agence MYOP rassemble vingt auteurs qui confrontent leurs visions de la photographie contemporaine et leurs interrogations sur le monde d’aujourd’hui à travers les histoires qu’ils racontent. Depuis sa création en 2005, la notion de résistance est régulièrement au centre des discussions ; elle s’affirme par la défense d’une photographie documentaire à la subjectivité revendiquée. Le nom de l’agence est un hommage au poème de Paul Éluard « Mes yeux, objets patients / étaient à jamais ouverts / sur l’étendue des mers / où je me noyais ».

L’agence MYOP est constituée des photographes Ed Alcock, Guillaume Binet, Julien Daniel, Agnès Dherbeys, Marie Dorigny, Julie Hascoët, Pierre Hybre, Olivier Jobard, Alain Keler, France Keyser, Oan Kim, Olivier Laban-Mattei, Stéphane Lagoutte, Jean Larive, Ulrich Lebeuf, Pascal Maitre, Olivier Monge, Julien Pebrel, Jeremy Saint-Peyre et Chloé Sharrock.