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Les îles du désir – chapitre II

RICHARD PAK - PRIX PHOTOGRAPHIE ET SCIENCES 21

  • Exposition

30.09.2022 - 08.01.2023

  • Strasbourg

Les îles du désir, chapitre I. Tristan da Cunha, 2016 © Richard Pak

AUTOMNE 2022
À PARTIR DU 30 SEPTEMBRE

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Revue de presse

9 lives magazine

Exposition soutenue par la DRAC Grand Est, la Région Grand Est et la Ville de Strasbourg.

En partenariat avec La Résidence 1+2, l’ADAGP, le CNRS, la CASDEN, Sciences et Avenir – La Recherche, Fisheye Magazine.

En 2021, La Résidence 1+2 lance sa toute première édition du Prix Photographie & Sciences, initié par Philippe Guionie, délégué général du Prix. L’objectif ? Aider un ou une artiste à achever un projet qui entremêle les deux disciplines. Le lauréat, Richard Pak, sera exposé à Stimultania à l’automne 2022.

Le prix Photographie & Sciences a été décerné à Richard Pak pour son projet intitulé Les Îles du Désir – Chapitre II, deuxième chapitre d’un cycle anthologique sur l’insularité après La Firme, consacré à l’île Tristan Da Cunha, dans l’océan Atlantique. Dans ce deuxième volet, Richard Pak s’intéresse à l’île de Nauru, dans le Pacifique Sud, dont l’histoire contemporaine singulière lui inspire un véritable conte photographique. Ce projet sera exposé à Stimultania à l’automne 2022.

Le nouveau projet de Richard Pak s’inscrit dans une série ambitieuse, pensée comme « l’anthologie d’un cycle insulaire ». Intitulé Les Îles du désir – Chapitre II, ce deuxième volet montrera les paysages ravagés de Nauru, état insulaire d’Océanie, situé en Micronésie, le moins visité au monde, dévasté par une extraction abusive de phosphate.

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Ce qui m’intéresse, et qui donne une forte dimension photographique au projet, c’est que l’histoire de cette île est intimement liée au phosphate, explique-t-il. Toute sa destinée y est liée. Après son indépendance en 1968, la république de Nauru nationalise sa mine de phosphate qui constitue une ressource extraordinaire, et le pays, d’à peine 21 km2, devient rapidement l’un des plus riches du monde, avec de forts mécanismes de redistribution assurant la prospérité de ses 12.000 habitants. Mais lorsque le phosphate se tarit dans les années 1990, tout s’effondre et en dix ans le pays devient l’un des plus pauvres au monde.

Richard Pak veut documenter la nouvelle réalité de l’île, dont l’intérieur est désormais un désert, à la manière d’un conte qui finit mal. Il s’y rendra en mars 2022 à l’occasion de l’élection de Miss Nauru et des championnats d’haltérophilie, une spécialité locale. « Il y aurait une symbolique forte, avec d’un côté les princesses d’une île en déclin, et de l’autre ces chevaliers tout en muscles soulevant les haltères comme autant d’épées de Damoclès au-dessus de leurs têtes », explique-t-il.

« Utiliser de l’acide m’a semblé logique. Plus qu’une envie esthétique, il est nécessaire. Quand on sacrifie les négatifs dans le phosphate, on ne peut plus revenir en arrière. Il en va de même pour Nauru », explique le photographe. Car la mine de phosphate est à la fois le trésor et la boîte de Pandore de cette région isolée. Ce minerai, surexploité, lui a permis de s’enrichir, mais l’a également conduite à sa propre perte. Richard Pak a déjà pu faire des expérimentations avec de l’acide phosphorique. Les chercheurs du CNRS l’aideront à tester d’autres dérivés du phosphate.

Les îles du désir, chapitre I. Tristan da Cunha, 2016 © Richard Pak
Expérimentation à l’acide phosphorique, 2020 © Richard Pak
Les îles du désir, chapitre I. Tristan da Cunha, 2016 © Richard Pak
Expérimentation à l’acide phosphorique, 2020 © Richard Pak

Richard Pak est un auteur pluridisciplinaire né en France en 1972. Son oeuvre protéiforme et en constante évolution refuse obstinément la catégorisation. Photographie documentaire, recherches plastiques, convocation du récit ou de la vidéo font que Richard Pak nous entraine rarement là où on l’attend. Dès ses premières séries il s’est intéressé à représenter l’intimité dans les sphères privées (Pursuit, Les Frèrespareils) et publiques (Les Fiancés, Je ne croirai qu’en un Dieu qui danse). Et quand il partage le quotidien de ceux qu’il photographie c’est pour s’affranchir de la frontière entre le regardeur et le regardé, du dedans et du dehors. Observer comment vivent ses contemporains et représenter la struggle for life tissent le fil conducteur de ses recherches artistiques mais il s’intéresse également à la question du paysage photographique. Curieux de la complexité du monde et amoureux des lointains, il a entamé une anthologie sur l’espace insulaire : « l’île est le siège fictionnel de l’utopie, le laboratoire idéal des sciences modernes et un topos précieux pour le géographe, qui aime y voir une métonymie de la Terre ». Le premier chapitre de ce cycle (Les îles du désir) nous emmène à Tristan da Cunha, en plein Atlantique sud (La Firme). Ses photographies font partie de collections publiques et privées dont celle de la Bibliothèque Nationale de France.