Du jeudi 18 au samedi 20 mars 2027.
De midi à minuit.
À quartier Gare, quartier de la Krutenau et au campus de l’université Esplanade.
La Traversée photographique de La Nuit de l’Instant :
À Marseille (Centre Photographique Marseille) : 25, 26, 27 septembre 2026.
À Strasbourg (Stimultania & La Chambre) : 18, 19, 20 mars 2027.
À Rémire-Montjoly, Guyane (MAZ – Maison de la photographie Guyane-Amazonie) : 16 & 17 avril 2027.
À Lorient (Le Lieu de la photographie) : 6, 7, 8, 9 mai 2027.
À Aumessas, Cévennes (ImageSingulières) : dates à venir.
Cet évènement s’inscrit dans La Traversée photographique, un parcours photographique national développé par le réseau Diagonal. Ce projet est labellisé Bicentenaire de la Photographie par le ministère de la Culture et s’inscrit dans la programmation officielle du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027.
La Nuit de l’Instant est organisée par le Centre Photographique Marseille grâce au soutien de la DRAC PACA, du réseau Diagonal et de la délégation du Québec à Paris. En partenariat avec le Centre VU à Québec City, le PAC, Urban Gallerie, le Festival Allez Savoir, le Frac Sud, et le CNAP ; aussi La Chambre et Stimultania (Strasbourg), Le Lieu (Lorient) et Maz (Guyane).
Depuis 2010, la Nuit de l’Instant propose de porter un regard différent sur la photographie, en présentant des œuvres et des artistes qui activent d’autres médiums et pratiques artistiques pour inventer des versions originales et novatrices de l’image fixe. La Nuit de l’Instant est une biennale conçue par le Centre photographique Marseille. À chaque édition, elle développe un partenariat international. Cette année, l’invité est le centre VU de Québec City.
À l’occasion du Bicentenaire de la Photographie, le festival se déploie à Strasbourg, Lorient et Cayenne, croisant les regards et les propositions de chacune des structures impliquées, dans une programmation partagée.
Pour son escale à Strasbourg, le public est invité à découvrir pendant trois jours, de midi à minuit, des œuvres disséminées le long d’un parcours entre le quartier Gare, le quartier de la Krutenau et le campus de l’université Esplanade. La sélection reprend pour partie les installations présentées à Marseille, Québec, Lorient et Cayenne. Elle s’augmente de celles choisies par La Chambre, Stimultania et le Service universitaire de l’action culturelle.
Stimultania présente
House Without a Key – Marta Skoczeń
Marta Skoczeń (née en 1994 en Pologne) est une artiste plasticienne dont la pratique associe vidéo, photographie, dessin et texte. Elle est diplômée de l’École des Beaux-Arts de Paris, où elle a étudié dans les ateliers de Clément Cogitore et Patrick Tosani, ainsi que de l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie, au sein du département des arts graphiques. Dans son travail, elle explore des thématiques liées à la mémoire, à la migration, à l’attachement, à l’écologie, ainsi qu’aux rôles sociaux assignés aux femmes et aux processus de maturation. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions personnelles et collectives, ainsi que dans des festivals de cinéma indépendants à travers le monde, notamment en France, en Pologne, en Allemagne, en Islande, en Suède, aux États-Unis et au Pérou. Elle a reçu le LOOP Acquisition Award en 2022 pour son film House Without a Key. Les œuvres de Marta Skoczeń ont intégré d’importantes collections d’art contemporain, parmi lesquelles celles du FRAC Alsace (France), de la LOOP Fair / du MACBA – Musée d’Art contemporain de Barcelone (Espagne), du Musée d’art contemporain de Lyon (MAC Lyon), de la donation Lemaître (France) et de BERG Contemporary (Islande). Marta Skoczeń travaille avec la galerie Dohyang Lee depuis 2022. Elle collabore également avec des marques de mode en tant que photographe, notamment Louis Vuitton, Balenciaga, Balagan et She Is Sunday.
Avec House Without a Key, Marta Skoczeń compose un film à partir d’images réalisées en HDV, entre Paris et les paysages ruraux de Pologne. À la frontière entre photographie et cinéma, l’œuvre accorde une place particulière à chaque image : les plans s’attardent, se répondent et construisent progressivement un espace davantage mental que narratif. Une femme y apparaît seule, dans une maison dont l’organisation et les limites restent indéterminées. Son corps, ses gestes et les fragments de son environnement deviennent les éléments d’un récit silencieux. Le montage rapproche des images qui semblent parfois appartenir à des temporalités différentes, créant une sensation de suspension et d’incertitude. Le film ne cherche pas tant à raconter une histoire qu’à faire émerger un état intérieur. La photographie intervient ici comme une manière de regarder et de retenir : un geste, une posture, un espace, une lumière. En les mettant en mouvement, Skoczeń déplace pourtant leur statut. L’image photographique ne fige plus seulement un instant ; elle devient une composante d’une durée, prise dans le rythme du montage et dans la continuité des autres images. Cette attention portée à la matérialité et à la temporalité des images accompagne le sujet du film. La maison apparaît comme un espace ambigu, à la fois familier et contraignant, tandis que le personnage oscille entre immobilité et désir de mouvement. Entre photographie et cinéma, House Without a Key construit ainsi un espace de tension où l’image devient le lieu d’un questionnement sur l’enfermement, l’attachement et la possibilité de s’émanciper.
Borj el mechkouk – Driss Aroussi
Driss Aroussi est un artiste basé à Marseille. C’est avant tout son goût pour l’expérimentation qui dirige ses projets, comme il l’explique, il s’agit pour lui de « comprendre les appareils , d’essayer de sortir du programme (de la machine) et de découvrir des nouveaux endroits de proposition de formes artistiques ». Travaillant entre Marseille et le sud du Maroc, Driss Aroussi a éprouvé depuis une quinzaine d’années différentes techniques argentique, numérique, post-production, vidéos. À travers chacun de ces médiums, son approche à la lisière du documentaire-fiction joue avec le temps, une lenteur revendiquée, celle du monde réel, pour basculer vers la magie de l’apparition.
Prenant la forme d’une fable-cinématographique, Borj el mechkouk nous emmène sur les traces d’un homme envoyé par le chef du village afin d’observer et éventuellement dé-sabler un système de galeries d’eau souterraines utilisées par les villageois pour irriguer les terres agricoles. La narration se déroule dans une zone pré-désertique au Maroc où la gestion de l’eau est un élément central de la condition de la vie oasienne. Le système des galeries drainantes souterraines, nommé Khettara, sont des ouvrages créés par les hommes et permettent de mobiliser les eaux souterraines des nappes. Ce film nous invite à suivre les différents moments que cet homme va traverser, tout au long de son voyage, dans ces espaces secs et vastes. Arrivé sur les lieux, il s’installera et mettra en œuvre son savoir et sa dextérité pour accomplir son travail. Dans cet espace chargé et mystérieux, nous découvrirons l’aboutissement de sa mission.
