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Gaijin

David Favrod

  • Exposition

15.04 - 31.07.2011

  • Strasbourg

ENTRÉE LIBRE
MERCREDI – DIMANCHE
14H – 18H30

Exposition soutenue par la DRAC Grand Est, la Région Grand Est et la Ville de Strasbourg.

D’un père suisse et d’une mère japonaise, David Takashi Favrod baigne dans ces deux cultures et se nourrit de leurs images. Le Japon c’est son enfance, un héritage d’histoires et de souvenirs, mais aussi ses origines. Un artiste suisse et japonais ? Un artiste suisse. Il ne peut obtenir la double nationalité. Un mot, un sentiment, s’imposent alors à lui. Gaijin. Étranger. Avec son exposition, David Favrod nous livre ses réflexions sur son identité japonaise et sur les liens qu’il entretient avec ce pays. Il imagine et crée son propre Japon, dont il expose ici des images sensibles et personnelles, aux sujets et au caractère apparemment japonais. Gaijin est une série photographique témoin de sa quête d’identité, mais aussi une porte ouverte sur un pays imaginaire, le reflet d’un univers onirique et un parcours dans un récit fictionnel ludique et émouvant.

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Savamment étudiées et minutieusement mises en scène, les photographies nous présentent des images aux motifs japonisants, aux thèmes et aux compositions empreints de clichés. Puisant son inspiration dans l’histoire du Japon et dans des anecdotes familiales, David Favrod détourne la culture populaire et traditionnelle, le monde de l’art et celui, fantastique, des Kaïju et des Yôkaï, tout en s’appropriant des stéréotypes pour façonner sa vision du Japon. Et il fouille, il étudie et interroge des images d’archives pour proposer un regard authentique et réel. Une intention vouée à l’échec. Au détour des cimaises, on découvre ici un valeureux Samouraï à l’armure en carton, une humble geisha et là des oiseaux en origami, légers et immatériels, un imposant Sumo occidental, des paysages romantiques suisses aux allures d’estampes japonaises qui se découpent sur un fond coloré, et encore des masques de Nô, des portraits figés et atemporels et des images d’archives. D’une image à l’autre, l’artiste nous plonge dans une atmosphère visuelle et connotée, qui brouille la frontière entre réalité et imaginaire.

Chaque image a son histoire. Chaque sujet est choisi avec sagacité. Tels les pièces d’un puzzle, les photographies s’assemblent les unes aux autres jusqu’à reconstituer les souvenirs et le Japon de l’artiste. En résulte, un Japon occidentalisé, transformé et totalement recomposé. En filigrane, des références à la guerre, à la bombe atomique d’Hiroshima et à leurs ravages ; des références, tantôt perceptibles, tantôt discrètes et subtiles qui dévoilent un discours sombre sous-jacent ; une atmosphère grave. Une menace latente ? Explorant d’étranges lumières, David Favrod souligne les contrastes de couleurs et confère aux œuvres une aura mélancolique. Les ambiances sont silencieuses, les images mystérieuses, le temps n’est plus. Entre harmonie et équilibre, Gaijin s’impose comme une série énigmatique.

Une note d’exotisme. Un brin de nostalgie. Un rendu poétique. Une série ambivalente. Incertain, le public s’interroge. Il semble reconnaître le Japon de David Favrod, mais il reste confronté à un monde curieusement inconnu ; un monde qui se retranche derrière des mystères et des histoires restées en suspens. Étranger. Gaijin. Plus qu’une œuvre délicate et lyrique, plus qu’une interprétation naïve et parodique du Japon, Gaijin présente des images détournées qui posent la question de l’alter ego et interroge la complexité des relations entre le soi, l’image et la mémoire.

Barbara Hyvert

© David Favrod
© David Favrod
© David Favrod
© David Favrod
© David Favrod
© David Favrod
© David Favrod
© David Favrod

Diplômé du Master en direction artistique spécialisé en photographie de l’École Cantonale d’Art de Lausanne, ECAL, David Favrod s’est fait connaître récemment grâce à l’exposition ReGeneration 2, Tomorrow’s Photographers Today présentée au Musée de l’Élysée à Lausanne en Suisse en 2010. David Favrod a remporté le 1er prix Work in progress aux Rencontres Internationales de la Photographie à Arles en 2009. Son travail a également été retenu pour l’exposition des lauréats de l’International Viewbook PhotoStory 2009 à la Galerie Kahmann à Amsterdam pour laquelle il a obtenu le 1er prix. Sa série Gaijin a été montrée à la Kantonale Schaffensbeiträge im Bereich visuelle Kunst un Design à la Galerie Zur Matze à Brig en Suisse, ou encore en Italie pour l’International Talent Support, ITS8 à Trieste.