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PRIX PHOTO ET SCIENCES

Richard Pak (Lauréat 2021) et Manon Lanjouère (Lauréate 2022)

  • Exposition

28.04 - 17.09.2023

  • Strasbourg

VERNISSAGE

VENDREDI 28 AVRIL 2023 À 18H

ENTRÉE LIBRE

DU MERCREDI AU SAMEDI

14H – 18H30

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Revue de presse 9 lives magazine

Exposition soutenue par la DRAC Grand Est, la Région Grand Est et la Ville de Strasbourg.

En partenariat avec La Résidence 1+2, soutenu par l’ADAGP, le CNRS, la CASDEN, STIMULTANIA et PICTO FOUNDATION, avec les partenaires médias Fisheye et Sciences et Avenir – La Recherche.

En 2021, La Résidence 1+2 lance sa première édition du Prix Photographie & Sciences, destiné à accompagner un artiste pour achever un projet qui entremêle les deux disciplines. Les lauréats 2021 et 2022 sont exposés à Stimultania au printemps 2023.

Expérimentation à l’acide phosphorique, 2020 © Richard Pak

Le prix Photographie & Sciences 2021 a été décerné à Richard Pak pour son projet intitulé Les Îles du Désir – Chapitre II, deuxième chapitre d’un cycle anthologique sur l’insularité après La Firme, consacré à l’île Tristan Da Cunha, dans l’océan Atlantique.

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Ce deuxième volet montrera les paysages ravagés de Nauru, état insulaire d’Océanie, situé en Micronésie, le moins visité au monde, dévasté par une extraction abusive de phosphate.

« Ce qui m’intéresse, et qui donne une forte dimension photographique au projet, c’est que l’histoire de cette île est intimement liée au phosphate, explique-t-il. Toute sa destinée y est liée. Après son indépendance en 1968, la république de Nauru nationalise sa mine de phosphate qui constitue une ressource extraordinaire, et le pays, d’à peine 21 km2, devient rapidement l’un des plus riches du monde, avec de forts mécanismes de redistribution assurant la prospérité de ses 12.000 habitants. Mais lorsque le phosphate se tarit dans les années 1990, tout s’effondre et en dix ans le pays devient l’un des plus pauvres au monde. »

Richard Pak veut documenter la nouvelle réalité de l’île, dont l’intérieur est désormais un désert, à la manière d’un conte qui finit mal. Il s’y rendra en mars 2022 à l’occasion de l’élection de Miss Nauru et des championnats d’haltérophilie, une spécialité locale. « Il y aurait une symbolique forte, avec d’un côté les princesses d’une île en déclin, et de l’autre ces chevaliers tout en muscles soulevant les haltères comme autant d’épées de Damoclès au-dessus de leurs têtes », explique-t-il.

« Utiliser de l’acide m’a semblé logique. Plus qu’une envie esthétique, il est nécessaire. Quand on sacrifie les négatifs dans le phosphate, on ne peut plus revenir en arrière. Il en va de même pour Nauru », explique le photographe. Car la mine de phosphate est à la fois le trésor et la boîte de Pandore de cette région isolée. Ce minerai, surexploité, lui a permis de s’enrichir, mais l’a également conduite à sa propre perte. Richard Pak a déjà pu faire des expérimentations avec de l’acide phosphorique. Les chercheurs du CNRS l’aideront à tester d’autres dérivés du phosphate.

© Manon Lanjouère, Asterionellopsis glacialis, @adagp, Paris 2022.

Le prix Photographie & Sciences 2022 a été décerné à Manon Lanjouère pour sa série Les Particules, le conte humain d’une eau qui meurt. Un regard poétique sur la pollution qui modifie intrinsèquement nos océans.

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« Berceau de notre vie, l’océan se transforme doucement en tombeau de l’homme qui ne survivra pas sur une planète avec une eau qui meurt. Huit millions de tonnes de matières plastiques sont déversées dans l’océan chaque année, à ce rythme foudroyant, et sans réelle action de notre part, la quantité de plastique dans l’océan devrait tripler d’ici à 2050. Les plastiques, qui se fragmentent en particules de plus en plus petites, forment alors des microplastiques qui constituent l’essentiel de la pollution plastique de l’océan. De part leurs très petites tailles, ces particules passent entre les mailles du filet et ne peuvent malheureusement pas être récupérées. Nous faisons face à un théâtre d’activité de la vie sous-marine étouffée par le plastique, nouvelle « végétation » de cauchemars.

Les particules se propose alors de rentrer dans la couche immobile des eaux, de lever le linceul sur les peuples invisibles, et de plonger le spectateur dans un abîme de réflexion. Avec l’image créatrice, j’offre une nouvelle forme au monde détruit de demain en en réinventant sa structure : les matériaux plastiques deviennent la nouvelle forme représentative des microbiomes et planctons. Par le jeu de la mimésis, je remplace le réel et anticipe un avenir par une image projective. Cette espèce de prophétie apocalyptique montre un paysage sous marin sublimé, volontairement trop doux, trop artificiel, « nulle part la fraîche nature n’y respire » (G.Bachelard). Comme l’eau que l’on se projette au visage, Les particules souhaite réveiller cette énergie de voir, transformant le regard en une action claire et facile conduisant à une réelle prise de conscience. »

Manon Lanjouère


Richard Pak est un auteur pluridisciplinaire né en France en 1972. Son oeuvre protéiforme et en constante évolution refuse obstinément la catégorisation. Photographie documentaire, recherches plastiques, convocation du récit ou de la vidéo font que Richard Pak nous entraine rarement là où on l’attend. Dès ses premières séries il s’est intéressé à représenter l’intimité dans les sphères privées (Pursuit, Les Frèrespareils) et publiques (Les Fiancés, Je ne croirai qu’en un Dieu qui danse). Et quand il partage le quotidien de ceux qu’il photographie c’est pour s’affranchir de la frontière entre le regardeur et le regardé, du dedans et du dehors. Observer comment vivent ses contemporains et représenter la struggle for life tissent le fil conducteur de ses recherches artistiques mais il s’intéresse également à la question du paysage photographique. Curieux de la complexité du monde et amoureux des lointains, il a entamé une anthologie sur l’espace insulaire : « l’île est le siège fictionnel de l’utopie, le laboratoire idéal des sciences modernes et un topos précieux pour le géographe, qui aime y voir une métonymie de la Terre ». Le premier chapitre de ce cycle (Les îles du désir) nous emmène à Tristan da Cunha, en plein Atlantique sud (La Firme). Ses photographies font partie de collections publiques et privées dont celle de la Bibliothèque Nationale de France.

Née en 1993, Manon Lanjouère vit et travaille à Paris. Après un parcours en Histoire de l’Art à la Sorbonne elle décide de se consacrer pleinement à la photographie et intègre l’école des Gobelins en 2014 d’où elle sort diplômée en 2017 dans les majors de sa promotion. De part son évolution parallèle au sein d’un théâtre parisien, sa pratique de la photographie est marquée par la mise en scène et le décor et tend à évoluer vers une pratique multiple, mélangeant sons, photographies, installations, sculptures. Son travail guidé par la lecture s’attache à dépeindre des mondes fictifs. La distance avec le récit impliquée par l’utilisation des expressions scientifiques, bien qu’il ne s’agisse le plus souvent que de simples vulgarisations ou ré-interprétations, permettent ainsi au spectateur de s’approprier les histoires qu’elle met en scène. Le scientifique et le poétique, pourtant diamétralement opposés, sont les deux moteurs de sa recherche artistique. Dans les différents sujets qu’elle aborde, la tentative de comprendre l’interaction entre le paysage et l’humain reste central.