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Un fictionnaire

Benoît Luisière et 145 enfants

  • CRÉATION ARTISTES / PUBLICS

30/03 - 07/04/2017

Commelle

Une fictionnaire © Benoît Luisière et 82 élèves de l'école primaire de Commelle

Photographies et textes réalisés par les élèves.

Intention artistique pensée et menée par Benoît Luisière, artiste.

Temps de création mené sur 32 heures reparties sur deux semaines consécutives, en avril 2017.

Avec Bruno Tissot, directeur, Isabelle Chollier, Christèle Santimaria, Myriam Offroy, Isabelle Fournier, Françoise Bonnet, Isabelle Serusclat, Carla Brugneaux, enseignantes.

À l'école élémentaire et maternelle de Commelle (38)

Intervention portée par Stimultania et la DSDEN Isère

Soutenue par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes

Benoît Luisière a posé ses valises à Commelle, en Isère, le temps d’une intervention dans les écoles, élémentaire et maternelle, du village. Il embarque 145 enfants dans une drôle d’aventure photographique. À la base un sujet simple : observer l’objet. Mais pas n’importe lequel, il s’agira de trouver un objet dont on ignore l’utilité. Faire face au mystère, se laisser aller dans l’incompréhensible et révéler petit à petit l’insoupçonné.

Quand on se trouve en présence d’objets inconnus dont on ignore l’utilité, cette question peut devenir une véritable énigme. Et quand l’objet inconnu n’a pas de finalité, il échappe généralement à toute tentative de définition : il nous devient impossible de le nommer. Mais c’est peut-être à ce moment-là, devant l’impasse domestique, que nous (re)devenons inventifs, que nous découvrons de nouvelles réponses possibles. Je souhaite proposer aux élèves de l’école de Commelle de sympathiser avec l’inconnu en inventant des probables utilités à toutes ces choses, ces trucs et autres machins incompréhensibles qui nous entourent. Les enfants seront invités à collecter des objets « vacants », et se réapproprieront ces bidules obscurs, en les envisageant, peut-être, pour d’autres fins que celles auxquelles ils sont destinés. Nous leur attribuerons des fonctions possibles, nous leur donnerons un nom, et dresserons un inventaire de toutes les trouvailles où la poésie pourrait avoir valeur d’usage.

D’abord, la phase de recherche. Une phase minutieuse, difficile. Trouver un objet dont on ne sait rien n’a rien d’évident. Et puis il y en a toujours un pour briser le mystère, pour redonner à l’objet sa “bonne” fonction. Mais petit à petit, le plaisir de l’ignorance fait son chemin et on commence à le chérir. “Moi je le connais cet objet, c’est ça mon problème”, soupire l’un des jeunes explorateurs.

La seconde phase consiste à réinventer l’objet. Le mettre en scène avec une photographie presque scientifique, muséale, ou publicitaire ; lui donner un nom, une nouvelle utilité. Avec le plus grand sérieux et une écoute attentive, Benoît Luisière accueille chaque histoire, accompagne chaque construction d’image pour étoffer petit à petit l’étrange dictionnaire. Le fil de l’imagination se déroule avec spontanéité et fraicheur, un joyeux désordre s’installe. Bidon à musique avec “petit truc blanc qui sort”, “enflammeur” pour allumer des voitures en panne ou pour servir de tire-bouchon, moulins volants à trous de fromage, moule à joie. Le fil une fois tiré ne s’arrête plus.

“Fiction : sert à fixer”, lui affirme-t-on. Le dictionnaire devient fictionnaire, images et mots se rassemblent dans un livre que chacun pourra s’approprier. Et qui sait, dans deux cents ans, peut-être retrouvera-t-on dans les environs de Commelle un fantastique inventaire illustré offrant aux générations à venir un passionnant sujet d’étude sur la capacité des humains de l’époque à utiliser le “râpe-crêpe”, le “Trouet à petits trous” ou la “galette du monde”.


Production : format A5 fermé, 122 pages, imprimés en 200 exemplaires, distribués aux élèves et partenaires. Graphisme : Benoît Luisière.


Documentaliste de formation, Benoît Luisière se tourne vers la photographie pour interroger les troubles de l’identité. Mi-drôles, mi-angoissants, ces autoportraits révèlent la tromperie, celle de savoir ce qui nous définit et celle de l’image. Il collecte également des signes, qu’il qualifie de lapsus ; inventaire minutieux dévoilant un monde où l’absurde rivalise avec la poésie. Il est membre du studio Hans Lucas, expose à Paris, Lectoure, Toulouse, Metz, Beauvais. Il publie Autre jeu aux éditions Filigrane en 2014. En parallèle de sa pratique, Benoît Luisière intervient régulièrement dans des projets de collaboration avec des publics.