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L’ouvre monde

Joseph Gallix et 20 adolescents hospitalisés

  • CRÉATION ARTISTES / PUBLICS

02/11 - 14/12/2016

Lyon (69)

1440
L'ouvre monde © Joseph Gallix et 20 adolescents hospitalisés

Photographies réalisées par Mathis, Dorian, Laurie, Marilou, Alexandre, Léo, Ibrahim, Léa, Mirlanda, Mehdi, Maïlys, Camille, Angélica, Savinien, Sohane, Feryel, Laure, Kilian, Rémi, Anis avec Joseph Gallix, photographe

Textes écrits par Maïlys, Camille, Arnaud, Ibrahim, Mirlanda, Angélica, Mehdi, Léa
avec Carole Fives, écrivain

Intention artistique pensée et menée par Joseph Gallix, photographe

Temps de création mené sur 100 heures de création photographique et 30 heures de création littéraire

Avec Cité Scolaire Elie Vignal : Damien Coursodon, chef d'établissement, Jean-Pierre Ducher, documentaliste, Arnaud Vernay, professeur de mathématiques et professeur principal service cardiologie Hôpital Louis Pradel, Gwenaelle Le Gorrec, professeure de SVT cardio, Myriam Sibut, professeure de français cardio, Nathalie Jouffre, professeure d'anglais, Laurence Bossy, professeure de français classe de 2nd, Nathalie Duponchel, professeure de français classe de 2nd, Bénédicte Leclercq, professeure de sciences physiques.

Unité 40 Hôpital Louis Pradel: Séverine Vincent, Cadre de Santé Puéricultrice Unité 40 Cardiopathies congénitales de l’enfant et de l’adulte PAM Cœur Poumon Métabolique
Elodie Dumas, éducatrice de jeunes enfants Unité 40.

Intervention portée par Stimultania Pôle de photographie, coordonnée avec la cité scolaire Elie Vignal et le service cardiologique de l'hôpital Louis Pradel.

Soutenue par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, L'Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes, Interstices, dans le cadre du dispositif Culture et Santé, les Hôpitaux Civils Lyonnais, la Cité Scolaire Elie Vignal, le Rectorat Académie de Lyon.

La Cité Scolaire Elie Vignal a pour mission d’assurer la continuité du parcours scolaire des élèves malades et/ou en situation de handicap. Ses professeurs y enseignent à la fois dans l’établissement à Caluire-et-Cuire mais également au sein de différents services hospitaliers de la région lyonnaise, comme c’est le cas au service de cardiologie pédiatrique U.40 de l’hôpital Louis Pradel à Bron. Fruit d’un échange entre les enseignants et les médecins, cadres et éducatrices du service, le projet d’une résidence artistique d’intervention voit le jour. Les objectifs : lier les deux structures et impliquer les jeunes patients dans un projet commun, ouvrir l’imaginaire, sortir du quotidien, se projeter.

Stimultania propose pour ce projet une rencontre entre la photographie et l’écriture. Joseph Gallix, jeune photographe engagé et sensible, guide les jeunes participants dans la réalisation de la matière photographique et Carole Fives, écrivain, accompagne pour poser les mots. Images et textes pour construire un monde nouveau. Avec ce qu’il y a autour, la chambre d’hôpital, les objets, la salle de classe, les couloirs, etc. Devenir à la fois l’inventeur et l’explorateur, dessiner les contours de cette terre et de ceux qui la peuplent.

Travailler ensemble, même à distance, car c’est dans l’aller-retour régulier entre les productions réalisées à l’hôpital et celles de la cité scolaire, que cette nouvelle planète se construit. À l’hôpital, on imagine un monde aux trois soleils, un bleu, un vert, un rouge. À la cité scolaire, on décrit les peuples vivants sous chacun de ces astres. Et on ajoute celui qui n’en a pas, d’astre, le peuple de la nuit. Le peuple dont on se méfie. Et qui, de retour à l’hôpital, deviendra un être étrange, mi-rat cyborg, mi-humain au tee-shirt à tête de chat.

La matière s’étoffe ainsi petit à petit, pleine d’expériences, pleine d’expérimentations et de tâtonnements. Une exploration faite de méandres, d’incertitudes et de beauté qui surgit soudain. Et puis voilà, on ne saura pas tout de ce monde, on en aura juste effleuré les reliefs mais ce sont dans ces passerelles, parfois aléatoires, ces rapprochement entre les productions, entre les mots et les images, que l’imaginaire et la fantaisie vont pouvoir se loger.

Quand je débarquai sur ce coin de la planète, il fallut que je trouve une fissure dans cette atmosphère glacée et noire qui la recouvrait pour y entrer. Dedans, il n’y avait pratiquement pas de lumière, juste quelques fleurs phosphorescentes et une petite lune jaune dans le ciel de ce monde enfermé. Je me sentais bizarre en regardant cette lune qui n’éclairait pas vraiment le pays. Je savais que naître la nuit avait des conséquences.” Extrait du texte de Léa, élève de seconde à la cité scolaire Elie Vignal avec Carole Fives

L’organisation sociale de ce peuple est semblable à une dictature, il y a un chef qui a tous les pouvoirs et les autres doivent se taire et obéir. Généralement ils passent la plupart de leur temps à manger. Ce peuple n’a jamais vu la lumière émise par un ou plusieurs soleils, la seule lumière qu’ils n’aient jamais vue est la lumière de la lune. Si par malheur ils entraient en contact avec des rayons du soleil, ils brûleraient jusqu’à devenir des cendres. Ils communiquent entre eux d’une manière très étrange, ils n’ont qu’à se toucher du bout du doigt pour se comprendre. J’estime leur durée de vie à 200 ans. J’ai nommé ce peuple les Kagakuro.” Miranda, élève de seconde à la cité scolaire Elie Vignal avec Carole Fives


Production et diffusion : 120 livres, 112 pages, 21×28 cm, dos carré collé. 50 tirages 40×60 cm des doubles pages du livre exposés à la Cité Scolaire et au service cardiologie.


Né en 1991, vit à Mâcon. Joseph Gallix est un auteur photographe formé à l’École Cantonale d’Art de Lausanne. Il développe une œuvre engagée et sensible, entre documentaire et plasticienne. Résolument tourné vers l’humain, dont il se fait l’observateur discret mais plein d’empathie, Joseph Gallix questionne l’absence et la perte – d’un être, d’un logement, d’un travail. Pas de dramaturgie excessive, son approche est douce et s’attarde sur ce qui vit, ce qui lutte. Une nature foisonnante autour de Robert qui
a perdu Denis (série Darling Darling) ; des ouvriers de Goodyear à Amiens qui luttent, et vivent et rient alors que leur emploi est en péril (Le combat continu).

Née en 1971, vit en Lyon. Titulaire d’une licence de philosophie, du diplôme National Supérieur des Beaux-Arts et de la Fémis, atelier scénario, Carole Fives commence à écrire “pour expliquer son travail de peintre” et, depuis, n’a plus arrêté. Elle publie des romans pour adulte et en littérature jeunesse. “Que nos vies aient l’air d’un film parfait” a reçu plusieurs prix. Ces livres sont publiés aux éditions le Passage, Points Seuil, Invenit, Gallimard, Sarbacane, L’École des loisir. Autour de son activité d’écriture, Carole Fives anime des ateliers de création littéraire, auprès de publics divers (écoles d’art, musées, médiathèques, hôpitaux, lycées, collèges, écoles primaires, maternelles, associations). Un de ses projets en lycée a donné lieu à une publication “Honte de tout”, éditions Thierry Magnier, 2013.