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Gestes suspendus

Émilie Saccoccio et 48 secondes bac pro Service À la Personne et Aux Territoires

  • CRÉATION ARTISTES / PUBLICS

31/01 - 10/02/2017

Arbresle

Gestes suspendus © Émilie Saccoccio et les élèves

Photographies et textes réalisés par les élèves

Intention artistique pensée et menée par Émilie Saccoccio, artiste photographe

Temps de création mené sur 40 heures reparties en deux semaines en janvier, février 2017.

Avec Carine Saint-Michel et Geneviève Pacalet, formatrices responsables premières

À la Maison Familiale Rurale La Palma, Arbresle (69)

Intervention portée par Stimultania Pôle de photographie.


Soutenue par la DRAC et la Région Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre de l'appel à projet Découverte Région, Passeurs de culture.

« Suspendre le geste et explorer sa dimension poétique. Porter attention aux gestes d’un autre, passer par les mots pour décrire. Se souvenir, rejouer ce geste. Marcher. Capturer le geste suspendu par la photographie. » Émilie Saccoccio.

Émilie Saccoccio est partie à la rencontre de 48 jeunes gens en formation à la Maison Familiale Rurale La Palma de l’Arbresle. Ils se dirigent vers des métiers du service, des métiers où le geste est au centre. Geste de soin, d’accompagnement, geste automatique, précis ou doux. Ensemble, ils vont prendre le temps de le questionner, peut-être le repousser dans ses retranchements et en faire apparaître une nouvelle essence.

Qu’est-ce qu’un geste important ?“. Question simple, et pourtant. “Quand est-ce que le geste de soin se transforme en geste poétique ou personnel ?“. Chaque classe aura son champ d’exploration.

Le geste c’est d’abord une relation à ce qu’on a reçu aux différents stades de sa vie. J’avais envie d’explorer ce qui se passe au milieu, d’entendre ces êtres dont le travail de soin les confronte à différentes générations, me parler du trajet de leurs gestes, depuis leur intimité, leurs échanges avec les autres jusqu’à la sphère professionnelle.” Émilie Saccoccio.

Le projet va se réaliser sur deux vitesses : le tourbillon des exercices libres annexes que les élèves réalisent en autonomie, une certaine lenteur pendant les temps avec l’artiste. Cette lenteur est installée par la marche, à la recherche du décor qui servira au geste, puis dans la composition et la fabrique de l’image argentique. La photographie devient alors latente, il faudra patienter pour voir le résultat.

Ce qui reste des images, c’est ce lien, cette collision. C’est depuis cette idée que nous avons entamé notre travail, il n’est pas question de naturel dans ces photographies, mais bien de donner matière à quelque chose d’encore inconnu. Nous voulons surprendre celui qui les regarde, lui donner envie de s’arrêter. Les personnes qui jouent ces gestes ont une histoire particulière avec « le geste ». Le plus anodin s’avère parfois être le plus riche, le plus évocateur. Lâcher le corps, lui donner le droit de dire à notre place, faire confiance à sa mémoire. Et nous laisser porter par ce qu’il raconte.” Émilie Saccoccio


Production : deux livrets formats A5, 24 pages, sur papier munken, imprimés par Ooblik, en 40 exemplaires chacun ; 24 tirages argentiques 13×18 cm insérés dans les livrets ; diaporama et lecture performance lors de la restitution à la MFR La Palma le 9 mai 2017.


Née en 1989, Émilie Saccoccio vit entre Paris et Lyon. Après une licence en Arts Plastiques, spécialité photographie et vidéo à St-Étienne en 2010, Émilie Saccoccio poursuit son cursus artistique à l’école Supérieure d’Art de Lorraine – Design Graphique, image et narration, dont elle sort diplômée en 2012 puis à la Haute École des Arts du Rhin, DNSEP Art objet en 2015. Elle obtient en 2012 le prix Rotary, 1er prix de photographie des écoles d’arts de Lorraine et Meurthe et Moselle ; en 2013 le prix Vortex dans le cadre des Rencontres des Écoles d’Art du Grand-Est. Elle expose à Nancy, Dijon, Mulhouse, Strasbourg et au Mexique où elle réalise deux de ses projets (« Reyes » et « Neblina »). Elle utilise la photographie et la vidéo dans une démarche artistique qui questionne les représentations communes (les liens familiaux, le rapport avec la mort, le langage, le travail) pour se loger dans les interstices de l’interprétation, une interprétation sensible, vibrante, onirique.