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Cinq histoires de famille

Alexandra Bellamy, Sylvie Hugues, Catherine Poncin, Rima Samman et Laure Vasconi

  • Exposition

07.10.2022 - 07.01.2023

  • Strasbourg

El Pueblo Simca 1000 © Sylvie Hugues

VERNISSAGE

VENDREDI 07.10 A 18H

ENTRÉE LIBRE

MERCREDI – SAMEDI

14H – 18H30

Dossier de presse

Une idée originale de Filigranes Éditions

Exposition réalisée avec le soutien de la DRAC Grand Est, la Région Grand Est, la Ville et Eurométropole de Strasbourg

Cette exposition rassemble cinq auteures éditées par Filigranes Éditions qui ont en commun de travailler chacune sur le thème de la famille.

Cinq écritures singulières qui explorent ce sujet du plus intime au plus universel. Recherches dans les albums pour Catherine Poncin, recomposition d’une famille éclatée pour Rima Samman, récit intime chez Laure Vasconi, révélation d’un secret chez Alexandra Bellamy ou encore enquête sur son passé pour Sylvie Hugues. À l’aide d’archives, de textes ou d’interventions sur le papier photographique, ces cinq histoires recomposent un puzzle qui démontre la richesse de ce thème devenu un genre à part entière ces dernières années.

À l’instant où tu rentreras dans la salle d’exposition, où tu auras posé tes pieds au centre de la scène-pieuvre, tu convoqueras ta propre histoire, tu penseras à Solange, Saïd, Patou, à ton oncle numéro deux et aux cinq autres. Tu penseras que tout s’emboîte aussi, que tout est là. Que tout peut être dit. Oui. Tes histoires. Des histoires vieilles de l’âge d’une mère ou d’un arrière-grand-père, sur les rives de la mer Caspienne. C’est vrai ? Qui vous a dit ça ? Tu peux choisir des mots truculents pour raconter la lignée, pour dresser tes personnages ; tu peux enquêter, te féliciter des victoires qui t’égratignent les genoux. Tu peux aligner, un par un, tes souvenirs et ta colère, quand on te révèle ce que tu as toujours su. Tu peux documenter, construire ta frise comme l’écolier pour qui ce repère visuel donne le sentiment immense d’une infinie compréhension du monde.

Tu peux raconter les familles des autres, mêler les sangs, les amours, la descendance. Tu peux choisir aussi de raconter le livre de Mauvignier* parce qu’il parle un peu de toi. La salle des fêtes quelque part en Lorraine. Solange qui fête ses soixante ans et son départ à la retraite. Son frère, avec sa cravate en Skaï et la broche en or. Les invités, de dos. Vous occupez pas de lui. Allez vous asseoir. Dans ces histoires-là, c’est parfois l’Algérie qui se raconte, l’Iran, le Liban ou l’Espagne de Franco. Tu peux donner aux vies le souffle des épopées. Ces cinq artistes racontent tout cela. Il s’agit bien de leurs cinq histoires de famille et peut-être un peu de la tienne.

Céline Duval
*Laurent Mauvignier, Des hommes, éditions de Minuit


Commissariat : Céline Duval

ALEXANDRA BELLAMY

Le projet éditorial « Bellamy / Bellamy » s’inscrit dans la lignée des contes, des mythologies, histoires dans lesquelles les secrets de famille sont omniprésents. Il est d’abord le travail photographique d’Alexandra Bellamy autour de son secret de famille, autour de Claude, Dieter et de Mother. Mais aussi de Carine et les autres. Un secret de famille qui entoure sa naissance en 1970 et qui lui est révélé par sa mère, 22 ans plus tard. En 2019, avec la graphiste Marion Kueny, commence l’élaboration d’une édition. L’idée centrale est de créer un récit non linéaire qui soit un équivalent à son expérience du secret. Avec cette publication, le secret n’en est plus un. Comme l’écrit Marie Robert dans la postface du livre « Il est devenu histoire, imago, images.»

SYLVIE HUGUES

Le projet « El Pueblo » est réalisé en partie à la résidence des Treilles. C’est une exposition, un livre de textes et de photographies (à paraître), construit pour exorciser les démons du passé et proposer une œuvre « autonome » où l’intime devient universel. À 12 ans, la vie de Sylvie Hugues bascule. Elle habite alors à Cullera un village situé près de Valencia, en Espagne. Au retour d’une sortie scolaire, on lui apprend que sa mère vient d’être tuée par son deuxième mari, qui exerce le métier de policier. Elle doit alors quitter subitement l’Espagne. À la douleur du deuil, s’ajoute celle de l’exil. De cette période de sa vie, il ne lui reste qu’un album de famille, quelques papiers jaunis et le jugement du tribunal.

CATHERINE PONCIN

Catherine Poncin, photographe de l’image par l’image, s’est immergée dans les Archives départementales de l’Orne sur les fonds patrimoniaux tels que Lancre – Pasquis – Grignon et y a associé des photographies découvertes dans les albums de famille confiées par des habitants. Elle en a tiré des compositions qui font revivre des personnages d’une époque révolue. Leurs histoires familiales résonnent encore dans la mémoire des anciens à travers les personnages, les architectures, les paysages que l’artiste a mis en perspectives par des associations d’images en diptyque. « Par Monts et Vallons » est une exposition et un livre-conversation entre Catherine Poncin et Christine Ollier.

RIMA SAMMAN

Issue d’une famille libanaise, Rima Samman est la benjamine d’une fratrie de trois enfants, aujourd’hui tous installés à l’étranger. Ses frères vivent à San Francisco et à Dallas, elle à Paris. Ses parents, eux, sont restés au Liban. Depuis leur départ, la famille s’était réunie deux fois en trente-quatre ans : une fois à Détroit, l’autre à Dallas. Né de ces questions liées aux constructions mentales de nos représentations identitaires, « L’amour se porte autour du cou » s’attache à rajouter de la représentation fictionnelle et fantasmagorique à la représentation collective du groupe familial. Rima Samman nous conte avec une ambivalence joyeuse notre penchant à réinventer et à fantasmer nos identités et nos origines.

LAURE VASCONI

« L’après jour » est un retour sur images, un état des lieux, un flux de notes, un éditing d’archives sans chronologie et de toute provenance. Un laboratoire qui croise les recherches, personnelles ou professionnelles, les commandes, les projets, réalisés ou non et qui fait écho à une pratique photographique du quotidien tel un carnet de route. Laure Vasconi a conçu « L’après jour » pour une édition ; elle l’a pensé comme un journal annoté de photographies. Les photographies de « Leonard at home » ont été réalisées pendant le confinement de Mars à Mai 2020. Cette série – qui fait aussi l’objet d’un livre – fait écho à cette situation exceptionnelle, telle une expérience qui s’inscrit dans la continuité du travail de l’artiste, nourri de l’intime et du monde.

“Cinq histoires de famille” a été réfléchie par Filigranes Éditions, d’abord présentée en avril 2022 à l’Espace photographique du Sauroy, à Paris, revisitée ici à Stimultania Strasbourg.