DU 09.07.2017 AU 26.09.2017



Soutenu par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la Fédération des Œuvres Laïques pour le SPIP du Rhône-Maison d'Arrêt Lyon-Corbas.
Dans le cadre du programme Culture/Justice


J’étais loin de m’attendre

Benoît de Carpentier, Fabienne Swiatly et quinze hommes incarcérés

Pour la seconde année consécutive, Stimultania travaille avec le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation de la Maison d’arrêt Lyon-Corbas pour proposer une résidence d’intervention artistique à un groupe d’hommes en situation d’incarcération.

 

Deux artistes, deux disciplines, un lieu clos, des hommes qui y vivent et la création comme point de départ d’une histoire collective. Le photographe Benoît De Carpentier et l’écrivaine Fabienne Swiatly ne se connaissent pas. Ils vont travailler ensemble pour construire et faire vivre une proposition artistique auprès des participants volontaires.

 

« J’étais loin de m’attendre. Aussi loin que je peux ». Les premiers mots de Fabienne Swiatly résonnent, amorce d’échange avec Benoît De Carpentier qui rebondit : « Loin comme une périphérie, un espace, un regard au loin. Loin comme la ligne d’horizon. »

 

Partis de là, les corps se mettent à voler pour la photographie. Une bâche en plastique devient sujet et forme ouverte à interprétation infinie. Les corps volent, les membres s’ouvrent, les gestes sont amples – et pour cela tout l’espace du gymnase. Puis, tout devient minutieux, petit, précis – cette fois un bout de table suffit. Des petits paysages se construisent et sur l’image on revient au grand, à l’horizon, à la respiration. Allers-retours entre la miniature et le vaste, la légèreté et la pesanteur.

 

Quant aux mots, ils s’écrivent en petit et en grand. Ils creusent, d’abord les racines « Je viens », et puis tout autour, et puis très loin à la recherche de villes inventées. Les mots s’affichent, se dressent. Et surtout ils s’écoutent. Tous les jours, au moins une lecture vient enrichir le temps de l’atelier. Les mots se mêlent, il s’agit là d’un travail collectif, d’un travail à plusieurs têtes, celles des participants et celles des artistes, au point qu’on ne peut définir qui a fait quoi, et c’est tant mieux, puisque c’est assumé.

 

Place est souvent donnée aux temps de creux pour laisser libres la parole, les gestes, même ceux qui ne servent « à rien », ou en tout cas pas à la création. Parce que c’est aussi pour cela que la rencontre existe. Même si le temps file, même si les journées sont intenses, épuisantes et qu’il faut bien qu’elle se construise cette œuvre.

 

Au final, ce qui se laisse capturer, c’est une énergie furtive et dense, celle de ce moment précis, de cette rencontre – deux artistes, un lieu clos et des hommes qui y vivent.

 

« Tu es en prison et il te faudra faire tomber les barrières pour rencontrer les autres. Ceci n’est pas une ville inventée. »

 

Les photographies et les textes : ici

Les « coulisses » de la résidence sur le blog Expérimentations splendides.

 

Résidence coordonnée avec la Fédération des Œuvres Laïques pour le SPIP du Rhône maison d’arrêt Lyon-Corbas

 

Intervention : 80 heures (40 heures de création photographique et 40 heures de création littéraire menées simultanément), maison d’arrêt Lyon-Corbas, juillet 2017

 

Avec : Estelle Farine, coordinatrice culturelle

 

Production et diffusion : tirages exposés à la maison d’arrêt Lyon-Corbas en septembre 2017 ; coffrets images et textes édité en 50 exemplaires, remis aux participants ; diaporama sonore diffusé sur le canal interne de la maison d’arrêt et établissements de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

 

Né en 1964, Benoît de Carpentier vit en Alsace. Diplômé de l’École Supérieure des Arts Décoratifs (ESAD) de Strasbourg, section peinture en 1989, Benoît De Carpentier est un photographe plasticien. Ses œuvres mêlent réalité et onirisme, parfois introspectives parfois tournées vers l’autre, souvent philosophiques et picturales. En 2002 et 2004 il reçoit l’aide à la création de la DRAC Alsace pour des projets autour du paysage, de l’architecture. Il expose régulièrement ses travaux, principalement à Strasbourg et Paris. Il enseigne la photographie et anime des projets photographiques en milieu scolaire de la primaire au secondaire. Site Internet.

 

Née en 1960 en Lorraine, Fabienne Swiatly vit en Haute Savoie. Fabienne Swiatly a eu plusieurs casquettes, plusieurs métiers, presque plusieurs vies. Mais toujours l’écriture est restée présente. Du roman à l’essai en passant par la poésie, la nouvelle, le théâtre, ses écrits empruntent de nombreuses formes. Après avoir participé à plusieurs ouvrages collectifs et publié des essais, son roman « Gagner sa vie », édité en 2006, est récompensé par le prix Léo Ferré. Fabienne Swiatly partage sa passion et ses écrits lors d’ateliers d’écriture qu’elle anime auprès de nombreux publics, aux âges et origines sociales divers. « Avant d’écrire j’ai lu. Dans le désordre des bibliothèques croisées. Je ne savais rien de la littérature sauf que j’aimais ça : lire. J’étais affamée. Puis je me suis mise à écrire avec fièvre. De tout. Je ne savais rien de l’écriture mais j’écrivais. Puis j’ai compris qu’il fallait travailler et j’aime ce mot de chantier d’écriture. Alors je me suis mise au travail. De toute façon, je ne sais pas comment faire autrement. Je ne sais pas comment faire sans l’écriture face à la complexité de ma vie et du monde. » Site internet

 

 



Aucune Résidence à venir.
ACCÉDEZ AUX ARCHIVES MÉDIATION